Football_pictogram

Les pages Rebond du journal Libération décidément inspiré sportivement ce mardi 6 janvier, offraient une tribune à Tony Chapron, arbitre international et Jacques Blociszewski, chercheur sur les nouvelles technologies, intitulée « L’arbitre de foot broyé par les images ». Celle-ci nous offre la complainte de l’arbitre seul, mal aimé, peu respecté, broyé par le flot des images rediffusées, ralenties, commentées. Il est triste cet arbitre, car il n’arrive pas à se faire respecter, ni à se faire entendre face à tant de pression. Pourtant comme dirait la pub « Il n’a pas le même maillot, mais il a la même passion ! ».

Bref, tous ces maux seraient dus aux médias, au foot business ! Rien de nouveau dans ce commentaire. L’argument longtemps ressassé de la vidéo tuant le football y est pleinement développé. Faut-il comprendre que l’attitude des joueurs, des supporteurs, des médias serait responsable de cette dérive, que c’était mieux avant ?

John_Langenus_The_football_arbitrator_a_judging_first_final_of_the_World_championships_1930_yearLes auteurs dénoncent les images comme responsables des polémiques autour des erreurs d’arbitrage, permettant aux commentateurs de s’acharner sur le corps arbitral, mais ils refusent que ces mêmes images prennent place dans un dispositif arbitral. Ils s’offusquent du manque de respect des joueurs, mais ils ne proposent aucune solution. Ils se plaignent, car toujours seul, tout seul face à tout le monde.

Il est clair que l’arbitrage du football moderne, rapide et médiatisé est complètement dépassé devant une évolution aussi fulgurante. Il faudra bien qu’un jour, les « spécialistes » nous expliquent pourquoi la moindre évolution des pratiques de l’arbitrage dénature selon eux à tel point l’ « esprit du football » . Alors qu’aujourd’hui, dans l’ « esprit du football », tomber à limite de la surface de réparation devient un art à part entière dans les clubs de l’élite européenne et qu’une faute est rarement sanctionnée si la victime ne se jette pas au sol. Il faudra aussi qu’on m’explique pourquoi, pour remédier à la solitude de l’arbitre, il est impossible de proposer plusieurs arbitres de champs, alors que cette pratique est quasiment généralisée pour des sports collectifs exerçant sur des terrains de surface plus petite. Pourquoi, l’exclusion temporaire pour manque de respect de l’arbitre est impossible ? Pourquoi une faute contestée n’est pas aggravée dans sa sanction ? Quant à la vidéo …

Décidément, il est difficile de réformer le football. Les seuls changements de règles ces décennies précédentes ont été l’établissement de la règle du hors-jeu et l’interdiction de la passe à son propre gardien. Il est très difficile de faire bouger quelque chose dans le foot, c’est comme ça … De toute façon, tout le monde se contente de ce qui existe déjà. C’est pas grave, ça fait vendre du papier, ça entretient la polémique et le suspens. C’est peut-être ça l’ « esprit football ».